
«Dans la gravure noire, la nuit est profonde : le travail fait poindre le jour dans cette nuit », expliquait Diderot dans ses Essais sur la peinture.
La manière noire, ou mezzotinte, est aussi appelée manière anglaise car elle connut son heure de gloire outre-Manche au XVIIIè siècle. Très apte à rendre les noirs veloutés et les jeux de lumière, elle permit alors aux peintres de l’époque, comme, entre autres, Joseph Wright of Derby, Joshua Reynolds ou William Hogarth de faire connaître leurs œuvres. Parmi les nigromaniéristes qui s’illustrèrent de cette façon, William Pether est un des plus fameux. Un peu plus tard, le peintre et graveur John Martin excella dans une veine fantastique en illustrant le poème épique de Milton, Le Paradis perdu.
Aujourd’hui de nombreux artistes pratiquent à nouveau cette technique, devenue plus rare au cours du XIXè siècle. En noir et blanc comme Judith Rothchild, qui réalise devant la caméra des natures mortes à la fois sculpturales et arachnéennes dans son atelier situé dans un petit village de l’Hérault. Ou en couleurs comme Michel Estèbe : installé sur le bassin d’Arcachon, il crée d’étranges images envoûtantes.